De quand date l’Hôtel des Invalides ?

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L’Hôtel des Invalides fait partie des monuments de la ville de Paris. Il fut construit par Louis XIV, selon l’édit royal de 24 février 1670 afin de loger les invalides (blessés, amputés) de son armée. Il accueille aujourd’hui toujours des invalides, mais on peut voir surtout le tombeau de Napoléon, et des musées consacrés à l’armée.

Extrait de l’édit royal :

Nous avons estimé qu’il n’était pas moins digne de notre pitié que de notre justice de tirer de la misère et de la mendicité les pauvres officiers et soldats de nos troupes qui […] étaient non seulement hors d’état de continuer à nous rendre des services, mais aussi de rien faire pour pouvoir vivre et subsister ; et qu’il était bien raisonnable que ceux qui ont exposé librement leur vie et prodigué leur sang pour la défense et le soutien de cette monarchie, […] jouissent du repos assuré à nos autres sujets et passent le reste de leurs jours en tranquillité. 

A l’origine, Louis XIV veut donner une assistance à ses soldats blessés aux combats. A ce geste royal il faut ajouter une volonté de rassembler les invalides de guerre dans un seul endroit, eux qui sont avant ça livrés à eux-mêmes dans la ville de Paris. Les anciens soldats mendient ou provoquent des bagarres… Il s’agit donc pour le Roi de se faire bien voir de sa population, et surtout de sa propre armée. Les soldats s’installent et sont entretenus par l’argent du clergé, ils respectent une vie encadrée par la religion et la discipline militaire.

L’endroit devient au fil du temps un lieu de promenade, les civils côtoient les militaires, notamment durant les cérémonies, les hommages. Le lieu est choisi à l’écart de la capitale à l’époque de Louis XIV, et il fut entouré par la ville qui s’est étendue au fil des siècles.

La vue en perspective de l’Hôtel royal des Invalides ci-dessous montre bien l’architecture du bâtiment. La gravure est de Pierre Lepautre. 

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Qu’est-ce qu’un hôtel particulier au XVIIIe siècle ?

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Un hôtel particulier n’accueille pas des locataires à la nuit, ce n’est pas un hôtel.

On utilise le mot hôtel pour parler au Moyen-Age d’une maison d’accueil, puis de la résidence du prince ou des grands seigneurs. C’est à partir du XVIIe siècle que le terme devient plus courant.

Il s’agit d’une grande bâtisse située dans la ville (plus tard, à la campagne), possédée et habitée par une seule personne, une seule famille, ainsi que par le personnel. On ne parle pas ici d’un palais, ni d’une maison, ni d’une pension de famille. On y trouve généralement de l’espace dans les appartements, une cour intérieure, un jardin, dans un retrait de la rue, au plus loin de l’activité citadine. En effet, si la façade avant donne sur la rue ou la cour, l’arrière a le jardin comme vue. Enfin, un mur peut cacher la cour intérieure du reste de la rue.

Un hôtel montre la richesse, le prestige, l’importance de son propriétaire. Au XVIIIsiècle, l’hôtel est la demeure de nobles, ou des grands bourgeois, voire des membres  importants de l’Église. Il n’y a pas de règles précises concernant la place du propriétaire dans la société, puisque certaines grandes familles ou grands personnages de l’histoire vivent dans des hôtels particuliers. Comme des personnes récemment anoblies, des commerçants, des négociants. L’hôtel particulier est un signe de richesse puisqu’il faut le construire et l’entretenir, payer le personnel. La richesse est donc un dénominateur commun entre tous les propriétaires.

Pour conclure, il faut souligner l’importance de l’intimité procurée par un hôtel particulier, puisque la cour intérieure sépare l’habitation de la rue, le jardin est impossible à voir depuis l’extérieur, les pièces sont modifiées pour donner une intimité au quotidien à ses résidents. Comme un microcosme en dehors de la ville, l’hôtel particulier convient aux rythmes de vie des grands bourgeois ou des nobles, tout en insistant sur la distinction immobilière.