Avec quoi écrivent les élèves dans les écoles carolingiennes ?

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Les élèves n’écrivent pas avec un stylo, ni avec une plume, mais un outil en roseau qui s’appelle le calame. Il est taillé en pointe et on le trempe dans l’encre pour écrire ensuite sur un support (une tablette d’argile, un parchemin, puis du papier un peu plus tard).

Le calame est utilisé depuis longtemps puisqu’on l’utilisait sur des tablettes d’écriture cunéiforme (apparue vers -3400 avant Jésus-Christ), et pour réaliser des gravures dans l’argile.

Pour être utilisé, on sèche le roseau pour qu’il durcisse. Il est ensuite taillé au couteau pour que le bout du roseau obtienne la forme nécessaire pour écrire. Il s’agit d’ajuster le bout du calame, le bec, pour choisir l’allure de son écriture. Enfin, on fend le bec sur quelques centimètres, puis on adapte le reste du roseau à la tenue de la main. Le calame perd de son efficacité après usage, on taille donc régulièrement le bec qui se trouve imbibé d’encre et au contact du papier. Il faut obtenir un calame qui est assez souple, et assez solide à la fois, afin de se plier à la main qui écrit ou dessine, pour résister aux multiples usages. Celui qui écrit doit choisir le bon calame, adapté à sa main, et aussi choisir le bec le plus adapté à son écriture.

On utilise également le bambou, ou un arbre de Malaisie plus résistant que le roseau. Les calligraphes mettent en avant la qualité du roseau et l’effet produit par les lignes d’encre grâce au calame. Uniques et saisissants.

Combien coûte la capitation des empires musulmans ?

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La capitation est appelée jizîa, elle est l’impôt annuel que paient les hommes non-musulmans (les dhimmis), en âge d’effectuer le service militaire. Les femmes, les enfants, les personnes âgées, et toutes les parties plus silencieuses (esclaves, religieux…) de la population ne le paient pas. C’est une protection garantie sur les terres d’Islam.

Le montant est fixé sur les capacités de paiement de l’imposé. Chacun paie ce qu’il peut payer. Les califes ont parfois donné  des montants précis. Par exemple 48 dirhams pour les plus riches, 24 dirhams pour les revenus moyens, 12 dirhams pour les pauvres qui travaillent, ou des vendeurs. L’important est que l’imposé ne doit pas payer plus qu’il ne possède d’argent, ni ne doit être ruiné par la capitation. On cite aussi l’exemple d’un montant d’un dinar par tête (la capitation, en latin, prend ici son sens strict !) pour une région très pauvre ; ou encore une différence entre quatre dinars et quarante dirhams selon les niveaux de richesses bien différents des populations de l’empire.

(Au VIIe siècle, il y aurait un ratio entre dinar et dirham, 7 dinars valent 10 dirhams).

La capitation est abordée dans le Coran sous le terme de tribut, et sert à financer le Trésor Public des musulmans. Ainsi, l’argent peut être partagé entre ceux qui ne peuvent pas payer, ceux qui ont connu la maladie, la ruine, mais aussi les femmes et les enfants qui touchent des pensions.

Pourquoi on éduque surtout les garçons sous Charlemagne ?

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On éduque les garçons et les filles, mais si les garçons ont le choix entre plusieurs enseignements, les filles après l’école élémentaire vont dans un couvent des femmes.

Aussi, les élèves sont bien souvent des nobles, mais on trouve parfois des origines plus modestes dans les classes carolingiennes.

Les garçons sont un peu plus éduqués par l’école puisqu’ils vont ensuite dans un monastère, puis l’école cathédrale, puis enfin vont à l’université. On éduque donc des aristocrates ou des enfants qui se destinent aux ordres religieux, qui vont devenir moines. L’éducation est en partie religieuse, il y a de nombreuses écoles liées aux évêchés, qui sont un vivier de jeunes pour le haut clergé de l’Église. On s’occupe davantage des garçons qui auront une carrière destinée aux hommes.

Ces écoles permettent également la formation des grands administrateurs qui vont gérer le royaume, des diplomates, des missi dominici. On peut aussi trouver des clercs, dont la formation n’admet pas les femmes (cependant, des femmes peuvent étudier encore auprès de précepteurs). Celles-ci ne peuvent occuper de postes dans la gestion de l’empire, l’éducation se concentre là aussi sur des garçons plus prometteurs.

Les garçons travaillent, sous l’œil de chanoines, des magisters (des maîtres) ou des clercs. Ils se consacrent aux études religieuses et aux matières plus classiques (grammaire, rhétorique, calcul). Ils lisent, écrivent, chantent, apprennent le latin. On donne les bases aux garçons pour assurer l’héritage et la situation d’une famille, un métier et une place au sein de la société carolingienne. Cette volonté d’enseignement des garçons est aussi poussée par Charlemagne qui encourage l’éducation à se développer, afin de disposer de gens cultivés et capables de gérer l’empire.